Stratégies post-exit : apport-cession, assurance-vie, PEA

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Mis à jour le 23 septembre 2026

Article mis à jour le 23 septembre 2026 : les paramètres de l’apport-cession ont été actualisés selon la loi de finances 2026 (réemploi de 70 %, délai de 3 ans, conservation de 5 ans, immobilier exclu), et le taux fixe BoursoBank passe à 2,95 % (grille du 22 septembre 2026).

Le closing vient de tomber. Après des mois de négociation, votre entreprise est vendue. Sur votre compte, un virement à sept chiffres. Et maintenant ?

Si vous n’avez rien anticipé, la flat tax de 31,4 % va s’appliquer immédiatement. Sur une plus-value de 2 millions d’euros, 628 000 € partent directement au fisc. Irréversible.

Pourtant, d’autres entrepreneurs qui cèdent au même moment, avec le même montant, ne paieront cette fiscalité que dans dix, vingt ou trente ans. Certains ne la paieront jamais. La différence ? Ils ont structuré leur sortie en amont, avec les bons véhicules et les bonnes enveloppes.

Je ne parle pas d’évasion fiscale ou de montages exotiques. Je parle de dispositifs légaux, prévus par le Code général des impôts, que l’administration fiscale elle-même détaille dans ses instructions. Des mécanismes qui permettent de reporter l’imposition, de capitaliser sans frottement, et d’accéder à vos liquidités sans déclencher d’événement fiscal.

Cet article présente les cinq stratégies principales que j’utilise, et que je recommande, aux entrepreneurs qui préparent ou viennent de réaliser un exit. L’objectif : minimiser la friction fiscale et maximiser la croissance de votre patrimoine sur le long terme.

Points clés à retenir

  • L'apport-cession (150-0 B ter) permet de reporter l'imposition de la plus-value en réinvestissant 70 % du prix de cession via une holding
  • L'assurance-vie luxembourgeoise offre capitalisation sans frottement, sécurité renforcée et accès au crédit lombard
  • Le PEA permet une exonération totale d'IR sur les plus-values après 5 ans (dans la limite de 150 000 €)
  • La holding patrimoniale à l'IS bénéficie du régime mère-fille (exonération quasi-totale des dividendes)
  • Combiner ces stratégies permet d'optimiser chaque fraction du produit de cession selon son usage futur

Stratégie n°1 : L’apport-cession (article 150-0 B ter)

C’est le dispositif roi pour les cessions importantes. L’apport-cession permet de reporter l’imposition de la plus-value, potentiellement indéfiniment, en apportant vos titres à une holding avant la vente.

Comment ça fonctionne ?

Plutôt que de vendre directement vos parts au repreneur, vous les apportez d’abord à une société holding que vous contrôlez. C’est cette holding qui vend ensuite au repreneur. La plus-value existe toujours, mais son imposition est mise en « report » : elle ne sera due que le jour où vous vendrez les parts de la holding ou si certaines conditions ne sont plus respectées.

Conditions du 150-0 B ter


Pour bénéficier du report, la holding doit être soumise à l’IS et vous devez en détenir au moins 33,33 %. Si la cession intervient moins de 3 ans après l’apport, vous devez réinvestir 70 % du produit de cession dans des activités économiques éligibles sous 3 ans.

Les réinvestissements éligibles

Si la holding cède les titres dans les 3 ans suivant l’apport (ce qui est le cas le plus fréquent), elle doit réinvestir 70 % du produit de cession dans :

  • Le financement de moyens permanents d’exploitation d’une activité opérationnelle
  • L’acquisition de titres d’une société opérationnelle sous contrôle
  • La souscription au capital de sociétés opérationnelles éligibles
  • La souscription de parts de fonds de capital-investissement (FPCI, FCPR éligibles)

Les 30 % restants sont libres d’utilisation : immobilier de jouissance, placements patrimoniaux, trésorerie.

L’avantage chiffré

Scénario Cession directe Apport-cession
Plus-value 2 000 000 € 2 000 000 €
Flat tax (31,4 %) 628 000 € 0 € (reportée)
Capital disponible 1 372 000 € 2 000 000 €
Gain de trésorerie immédiat , + 600 000 €

Comparaison sur une cession de 2 M€

Ces 628 000 € non versés au fisc continuent de travailler pour vous. À 6 % de rendement annuel, ils génèrent 37 680 € supplémentaires par an. Sur 20 ans, c’est plus d’un million d’euros de capitalisation additionnelle.

Ce que la loi de finances 2026 a changé


La loi de finances 2026 a durci le dispositif, et c’est du droit en vigueur pour toute cession réalisée depuis le 21 février 2026. Le seuil de réemploi passe de 60 % à 70 %, le délai de réinvestissement de 2 à 3 ans, la conservation des titres à 5 ans pour tous les supports, et l’immobilier sort du champ, sauf les activités commerciales au sens des articles 34 et 35 du CGI, dont l’exploitation hôtelière. Les cessions antérieures au 21 février 2026 conservent l’ancien régime.

Le dossier qui résume tout : 7,2 M€, et deux immeubles qui ne passent pas

Un dirigeant de 49 ans détient 80 % d’une SAS d’ingénierie créée en 2012, avec 80 000 € de capital d’origine. Un industriel propose 9 M€ pour 100 % du capital, soit 7,2 M€ pour ses titres. Il veut sortir sans écrire un chèque d’impôt, et il a déjà visité deux immeubles de rapport à loger dans une holding.

Les deux chemins, avec les chiffres du dossier. Cession directe : 7,12 M€ de plus-value, 30 % de PFU, 2 136 000 € d’impôt, 5 064 000 € net et libres. Apport à une holding puis cession par la holding : aucun impôt immédiat, la plus-value est suspendue, mais 70 % du prix doit être réemployé. L’impôt n’est pas effacé, il attend.

Chemin Impôt immédiat Ce qui reste à décider
Cession directe 2 136 000 € Rien à réemployer, l’argent est net
Apport puis cession par la holding 0 €, impôt suspendu 5 040 000 € à réemployer, 2 160 000 € libres

Cession de 7,2 M€, plus-value de 7,12 M€, PFU appliqué au dossier à l’époque des faits

Ce qu’il voulait faire, et c’est le schéma qu’on lui avait vendu en 2023 : loger 5 M€ d’immeubles locatifs dans la holding « pour faire le 150-0 B ter », et placer le reste en assurance-vie. Depuis le 21 février 2026, ce montage ne fonctionne plus. L’immobilier patrimonial, les SCPI, l’assurance-vie et le portefeuille coté sont sortis du périmètre de réemploi.

Ce qu’on a décidé. Apport des titres à une holding contrôlée à 100 %, report déclaré en 2042-C et en 2074-I, puis cession par la holding et non par lui, onze mois après l’apport, donc à l’intérieur des trois ans. Et surtout, un réemploi calé tout de suite, pas à J+35 mois : 3,1 M€ de souscription au capital d’une cible opérationnelle qu’il contrôle, 2 M€ dans deux FPCI éligibles. Total 5,1 M€, au-dessus du seuil de 5,04 M€.

Les 2,1 M€ libres ont été laissés à 900 000 € en trésorerie de holding, pour la sécurité et pour l’earn-out à venir, le solde devant sortir plus tard en dividendes. Pas en « assurance-vie de holding », qui aurait été un contresens fiscal.

Un détail qui n’était pas sur les slides : un earn-out de 600 000 € est prévu à 24 mois. Chaque complément de prix rouvre un calcul de quota de réemploi. Ce n’est pas une clause de style, c’est une obligation qui se recalcule à chaque encaissement. On l’a écrit dans la note.

Et ce qui aurait mal tourné. La banque privée lui faisait signer la cession, puis loger 4,5 M€ dans une SCI d’immeubles de rapport avec un contrat de capitalisation au nom de la holding. Réemploi non éligible, report tombé, et 2 136 000 € d’impôt exigibles immédiatement, sur un argent déjà dépensé en pierre.

Un dossier réel, et ce qui a failli être oublié

Un dirigeant de 37 ans cède son entreprise pour 3,5 M€. Il vit avec Camille et ils ont un enfant. Sa banque privée voulait la totalité sous mandat, 0,90 % sur les unités de compte plus 0,30 % d’advisory. Avant de parler d’allocation, nous avons réglé deux choses qui n’avaient rien de fiscal : ils n’étaient pas mariés, et le contrat d’assurance-vie ouvert avant la cession était à son seul nom, avec la clause « mon conjoint, à défaut mes héritiers ». Le régime matrimonial d’abord, la clause bénéficiaire ensuite, et seulement après la répartition de l’argent.

La suite : 1,55 M€ en gestion libre sur un contrat en ligne, et 800 000 € laissés chez la banque privée pour l’acte, le notaire et la poche de l’enfant. Environ 9 300 € d’économie par an sur la poche transférée. Il a perdu au passage un club deal de private equity de la maison, à 50 000 €, fermé dès qu’il est sorti. Il a gagné l’arrêt d’un comité payé pour arbitrer trois ETF. Sans ce travail préalable, il repartait avec un mandat global, une transmission mal calée et un enfant hors de la clause bénéficiaire.

Ce dossier dit l’essentiel : l’arbitrage fiscal arrive après les actes juridiques, jamais avant. Pour la mécanique du report d’imposition après la loi de finances 2026, voyez notre analyse de ce que votre exit ne finance plus.

Pour qui ?

L’apport-cession s’adresse aux entrepreneurs dont la plus-value dépasse 500 000 € et qui ont une vision long terme de leur patrimoine. En dessous de ce seuil, les coûts de structuration (holding, comptabilité, conseil) peuvent éroder l’avantage fiscal.

Stratégie n°2 : L’assurance-vie luxembourgeoise

L’assurance-vie luxembourgeoise est devenue l’enveloppe de référence pour les patrimoines post-exit. Elle combine sécurité renforcée, flexibilité d’investissement et capitalisation sans frottement fiscal.

Pourquoi le Luxembourg ?

Trois avantages structurels distinguent le contrat luxembourgeois du contrat français :

Le triangle de sécurité : Vos actifs sont déposés chez une banque dépositaire distincte de l’assureur, sous contrôle du Commissariat aux Assurances. En cas de faillite de l’assureur, vous êtes créancier prioritaire (« super-privilège ») et récupérez vos fonds en premier, sans plafond de garantie, contrairement aux 70 000 € français.

L’univers d’investissement élargi : Accès à plus de 800 fonds, au private equity, aux produits structurés, aux titres vifs, et même aux crypto-actifs pour les profils éligibles. Cette liberté permet une allocation sur mesure.

L’accès au crédit lombard : Le contrat luxembourgeois peut être nanti pour obtenir un prêt, vous permettant d’accéder à des liquidités sans vendre vos positions ni déclencher de fiscalité.

La fiscalité en pratique

Pour un résident français, la fiscalité de l’assurance-vie luxembourgeoise est identique à celle d’un contrat français :

  • Aucune imposition tant que vous ne faites pas de retrait
  • Après 8 ans : abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains retirés
  • Prélèvements sociaux de 17,2 % et taux forfaitaire de 7,5 % au-delà de l’abattement (pour les versements < 150 000 €)
  • Avantages successoraux préservés (exonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans)

La neutralité fiscale luxembourgeoise signifie simplement que le Grand-Duché ne prélève rien de son côté. Vous n’êtes imposé que par votre pays de résidence, ce qui devient un avantage considérable en cas de mobilité internationale.

Seuils d’accès et coûts

Assureur Ticket d'entrée Points forts
Vitis Life 125 000 € Flexibilité, frais compétitifs
Utmost (ex-Lombard) 250 000 € Expertise actifs sophistiqués
La Mondiale Europartner 250 000 € Accès fonds euros, solidité institutionnelle
La Bâloise 500 000 € Profils internationaux

Principales offres du marché luxembourgeois

Les frais totaux annuels (assureur + courtier + banque dépositaire) oscillent entre 0,8 % et 1,5 % selon le montant investi et la complexité de l’allocation.

Pour qui ?

L’assurance-vie luxembourgeoise s’adresse aux entrepreneurs post-exit disposant d’au moins 250 000 € à placer sur le long terme, et particulièrement à ceux qui envisagent une mobilité internationale ou souhaitent accéder au crédit lombard.

Stratégie n°3 : Le PEA et PEA-PME

Le Plan d’Épargne en Actions reste l’enveloppe fiscale la plus efficace pour les montants modérés. Après 5 ans de détention, les plus-values sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu.

Les plafonds

Enveloppe Plafond de versement Univers d'investissement
PEA classique 150 000 € Actions européennes, ETF éligibles
PEA-PME 225 000 € PME et ETI européennes
Total cumulé 225 000 € ,

L’avantage fiscal

Avant 5 ans, tout retrait entraîne la clôture du plan et l’imposition au PFU (31,4 %). Après 5 ans :

  • Exonération totale d’impôt sur le revenu sur les plus-values
  • Prélèvements sociaux de 17,2 % uniquement
  • Retraits partiels possibles sans clôture du plan

Sur une plus-value de 100 000 €, la différence est significative :

Timing Imposition
Retrait avant 5 ans 31 400 € (flat tax 31,4 %)
Retrait après 5 ans 17 200 € (PS seuls)
Économie 14 200 €

La stratégie post-exit

Si vous n’avez pas encore atteint le plafond de versement de votre PEA, l’exit est le moment idéal pour le « charger » au maximum. Versez 150 000 € (ou le delta jusqu’au plafond) et laissez capitaliser pendant au moins 5 ans.

Pour les entrepreneurs ayant bénéficié de BSPCE ou d’actions gratuites, le PEA-PME permet d’y loger ces titres dans certaines conditions, optimisant ainsi la fiscalité de sortie.

Pour qui ?

Le PEA s’adresse à tous les entrepreneurs post-exit, quel que soit le montant de la cession. C’est une « brique de base » qui doit être maximisée avant d’aller vers des enveloppes plus sophistiquées.

Stratégie n°4 : La holding patrimoniale à l’IS

La holding patrimoniale permet de capitaliser les revenus de vos investissements à un taux d’imposition réduit, en reportant la fiscalité personnelle au moment où vous aurez besoin des fonds.

Le mécanisme

Plutôt que de percevoir directement les dividendes et plus-values de vos placements (imposés à 31,4 % en nom propre), vous les faites transiter par une société holding soumise à l’IS. Cette structure bénéficie de plusieurs avantages :

Le régime mère-fille : Les dividendes reçus de filiales détenues à plus de 5 % sont exonérés à 95 %. Seule une quote-part de 5 % pour frais et charges est réintégrée au résultat imposable, soit une imposition effective de 1,25 % (5 % × 25 %).

Le taux réduit d’IS : Les premiers 42 500 € de bénéfices sont imposés à 15 % (sous conditions). Au-delà, le taux normal de 25 % s’applique, contre 31,4 % en nom propre.

Le report de la fiscalité personnelle : Tant que vous ne vous versez pas de dividendes ou de rémunération, vous n’êtes pas imposé à l’IR. Les fonds restent dans la holding et continuent de capitaliser.

Exemple chiffré

Élément Détention directe Via holding IS
Dividendes reçus 100 000 € 100 000 €
Imposition 30 000 € (flat tax) 1 250 € (régime mère-fille)
Capital réinvestissable 70 000 € 98 750 €
Différentiel , + 28 750 €/an

Impact du régime mère-fille sur 100 000 € de dividendes

Sur 20 ans, cette différence de capitalisation représente plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les limites

La holding patrimoniale a un coût de fonctionnement : comptabilité, assemblées générales, déclarations fiscales. Comptez 2 000 à 5 000 € par an selon la complexité. Elle n’est donc pertinente qu’à partir d’un certain niveau de patrimoine, généralement 500 000 € minimum.

Par ailleurs, pour récupérer les fonds en personnel, vous devrez vous verser une rémunération (charges sociales + IR) ou des dividendes (flat tax 30 %). L’avantage réside dans le timing : vous choisissez quand déclencher cette fiscalité, idéalement quand vos revenus sont plus faibles.

Pour qui ?

La holding patrimoniale s’adresse aux entrepreneurs post-exit qui n’ont pas besoin de revenus immédiats et souhaitent maximiser la capitalisation long terme. Elle se combine naturellement avec l’apport-cession (la holding 150-0 B ter peut devenir votre holding patrimoniale).

Stratégie n°5 : Le crédit lombard, accéder aux liquidités sans vendre

Le crédit lombard n’est pas un placement, mais il complète parfaitement les stratégies précédentes. Il permet d’accéder à des liquidités sans céder vos actifs, et donc sans déclencher de fiscalité.

Le principe

Vous nantissez votre portefeuille financier (assurance-vie, compte-titres) et la banque vous prête 50 à 100 % de sa valeur selon la nature des actifs. Vous restez propriétaire de vos titres, vous continuez à percevoir les revenus, mais vous disposez immédiatement de liquidités.

L’argent emprunté n’étant pas un revenu, vous n’êtes pas imposé dessus. Vos plus-values latentes restent « en sommeil ».

Les taux actuels

Formule Taux indicatif 2026
Taux variable Euribor + 1 à 1,5 % ≈ 3,5-4 %
Taux fixe (BoursoBank) 2,95 % (relevé le 22/09/2026)
Banque privée (négocié) Euribor + 0,5-1 % ≈ 3-3,5 %

Les cas d’usage post-exit

Financer un achat immobilier : Vous voulez acheter votre résidence principale mais ne souhaitez pas liquider votre portefeuille. Le crédit lombard finance l’acquisition pendant que vos actifs continuent de travailler.

Couvrir un besoin de trésorerie : Vous avez besoin de liquidités ponctuelles sans vouloir déclencher une plus-value imposable. Le lombard vous avance les fonds.

Réinvestir avec effet de levier : Si le rendement attendu de vos investissements dépasse le coût du crédit, vous pouvez amplifier votre exposition sans apport supplémentaire.

Le risque à maîtriser

L’appel de marge reste le danger principal. Si la valeur de vos actifs baisse significativement, la banque peut vous demander de reconstituer la garantie ou de rembourser partiellement le prêt. Dans le pire des cas, elle vend vos titres au pire moment.

Règle de prudence : ne jamais utiliser plus de 40-50 % de sa capacité d’emprunt théorique.

Pour qui ?

Le crédit lombard s’adresse aux entrepreneurs post-exit qui ont structuré leur patrimoine en assurance-vie ou compte-titres et souhaitent accéder à des liquidités sans perturber leur allocation ni déclencher de fiscalité. Ticket d’entrée : environ 200 000 € d’actifs éligibles.

Comment combiner ces stratégies ?

Ces cinq approches ne sont pas exclusives. Elles se combinent pour optimiser chaque fraction du produit de cession selon son usage futur.

Exemple de structuration pour un exit de 3 millions d’euros

Fraction Montant Véhicule Objectif
70 % 2 100 000 € Holding 150-0 B ter, FPCI et opérationnel Report d'imposition, réinvestissement productif
20 % 600 000 € Assurance-vie luxembourgeoise Capitalisation long terme, accès lombard
5 % 150 000 € PEA + PEA-PME (si non saturés) Exonération IR après 5 ans
5 % 150 000 € Compte courant / livrets Liquidités immédiates, sécurité

Allocation type pour un exit de 3 M€

Cette structuration permet de :

  • Reporter l’imposition sur 70 % du produit de cession via l’apport-cession
  • Capitaliser 20 % sans frottement fiscal via l’assurance-vie luxembourgeoise
  • Bénéficier de l’exonération PEA sur 10 % supplémentaires
  • Conserver 5 % en liquidités immédiates pour les besoins courants

À terme, le crédit lombard adossé à l’assurance-vie peut fournir des liquidités complémentaires sans toucher à l’allocation.

Ce qu’il faut anticiper avant l’exit

Si vous lisez cet article alors que la cession n’est pas encore signée, vous avez un avantage considérable : le temps de structurer correctement votre sortie.

Les étapes clés

6 à 12 mois avant le closing : Créez la holding si vous envisagez un apport-cession. Consultez un avocat fiscaliste pour valider la structure et les conditions du report.

3 à 6 mois avant : Ouvrez les enveloppes cibles (assurance-vie luxembourgeoise, PEA si non saturé) pour « prendre date » et faire courir les délais fiscaux.

Au closing : Exécutez le schéma prévu. Veillez à ce que l’apport des titres à la holding soit formalisé AVANT la cession effective au repreneur.

Dans les semaines suivantes : Placez les fonds dans les bonnes enveloppes. Un capital qui reste sur un compte courant ne capitalise pas et ne peut pas être nanti.

Dans les 2 ans (si apport-cession < 3 ans) : Réalisez les réinvestissements éligibles pour maintenir le report d’imposition.

L'erreur fatale


Ne jamais signer de cession sans avoir validé la structuration fiscale en amont. Une fois le closing passé, il est trop tard : la flat tax s’applique immédiatement et irréversiblement sur la plus-value en nom propre.

Ce qu’il faut retenir

La fiscalité d’un exit n’est pas une fatalité. Entre un entrepreneur qui paie 30 % de flat tax immédiatement et un autre qui structure sa sortie, l’écart de patrimoine à 20 ans se compte en millions d’euros.

Les cinq stratégies présentées dans cet article, apport-cession, assurance-vie luxembourgeoise, PEA, holding patrimoniale, crédit lombard, ne sont pas réservées aux grandes fortunes. Elles sont accessibles à tout entrepreneur dont l’exit dépasse quelques centaines de milliers d’euros.

La clé, c’est l’anticipation. Ces mécanismes doivent être mis en place AVANT la cession, pas après. Et ils doivent s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale, adaptée à vos objectifs, votre horizon et votre tolérance au risque.

Vous préparez un exit ?

J'accompagne les entrepreneurs dans la structuration patrimoniale de leur cession, de l'apport-cession au placement des fonds.

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Lucas Mertaud, entrepreneur et investisseur. Après 15 ans d’entrepreneuriat et deux exits, je me consacre à l’accompagnement patrimonial des dirigeants. Cet article reflète mon analyse personnelle et ne constitue pas un conseil en investissement.

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Lucas
À propos de l'auteur

Lucas

Lucas Mertaud, 43 ans, plus de 15 ans à entreprendre, deux exit, depuis s'intéresse à la création et gestion de patrimoine. Spécialité l'aide aux entrepreneurs pour créer leur patrimoine, anticiper les exit...

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